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Comment maintenir un rythme de vie pendant ses études ?

Comment maintenir un rythme de vie pendant ses études ?

Face à toute la masse de travail dont on doit s’acquitter pendant nos années d’études, on peut vite se sentir dépassé par les évènements. Voici quelques conseils pour voir le bout du tunnel !

Comment l’autonomie analogique accordée aux Iles Féroé et à la Nouvelle-Calédonie remet- elle en cause le caractère unitaire des Etats français et danois ?

Comment l’autonomie analogique accordée aux Iles Féroé et à la Nouvelle-Calédonie remet- elle en cause le caractère unitaire des Etats français et danois ?

Etude comparative des statuts d’autonomie des Iles Féroé et de la Nouvelle-Calédonie : la remise en cause du caractère unitaire des Etats français et danois

EST-CE QU’UN REDOUBLEMENT EST FORCÉMENT NÉGATIF ?

EST-CE QU’UN REDOUBLEMENT EST FORCÉMENT NÉGATIF ?


 

EST-CE QUE LE REDOUBLEMENT EST UNE FIN EN SOI ?

 

Ne pas atteindre un objectif que l’on s’est fixé, parfois depuis longtemps, peut très facilement nous décourager et réduire à néant notre motivation pour la suite. Louper un examen, un semestre ou une année d’études n’est pas quelque chose d’inévitable et ne doit surtout pas être accueilli de façon radicalement péjorative.

Quand on regarde les chiffres transmis par le gouvernementon remarque bien que tous les étudiants n’obtiennent pas leur licence du premier coup. Seuls 29,2% d’entre eux parviennent à terminer leur licence en trois années, autrement dit sans aucun redoublement. À côté de cela, 41,9% des étudiants ont redoublé une année de leur licence.

Donc, pour vous spoiler : NON, redoubler une ou plusieurs années de droit n’est ne relève ni de la honte, ni de l’échec !

Perdre une année en terme de temps, ne pas passer à l’étape supérieure avec ses amis, devoir réviser une année de plus… Mais alors, qu’y a-t-il de réellement positif dans le redoublement d’une année universitaire ? PLEIN DE CHOSES :

Prendre du recul sur notre situation

Se prendre un coup de massue sur le coin de la tête nous conduit généralement à prendre du recul sur la situation dans laquelle on se trouve, à s’interroger sur ce que l’on fait présentement et ce que l’on pourrait faire plus tard.

 

Peut-être que la façon dont on a révisé certaines matières n’était pas la bonne au regard de la configuration du cours ? Peut-être que l’on s’inflige trop de pression et que l’on perd nos moyens devant notre copie, alors que l’on connaît le cours sur le bout des doigts ? Peut-être que l’environnement de travail dans lequel on révise n’est pas le bon ? 

 

En dehors de cela, il peut s’avérer que vous n’éprouviez en réalité aucune affection ou curiosité pour le domaine juridique, faisant qu’il vous est impossible de mémoriser le cours ou bien même d’en comprendre la logique juridique qui se cache derrière… Et ce n’est pas grave ! Chaque personne poursuit sa propre vocation !

 

Dans l’hypothèse d’un échec universitaire, il faut toujours chercher à prendre de la hauteur sur la situation, et ne pas agir sous le coup de l’émotion. Les émotions nous apportent beaucoup, mais pas forcément des bonnes choses lorsqu’il s’agit d’événements particuliers tels qu’un redoublement.

Avant de vous poser une quelconque question sur l’année universitaire passée, demandez-vous LA question : Est-ce que j’aime le Droit ? Certes, si l’on est en L1, on n’aura peut-être pas abordé les notions les plus intéressantes du programme universitaire, mais on peut tout de même en avoir un bref aperçu. 

Si la réponse est non, réorientez-vous, n’ayez pas peur d’un nouveau pas dans l’inconnu puisque c’est en faisant ce que l’on aime que l’on performe le plus. Au contraire, dépassez cette peur, vous en sortirez encore plus fort. Entourez-vous d’ondes positives, et si les finances ne s’y prêtent pas, vous trouverez certainement des aides nécessaires à la réalisation de votre projet professionnel !  

Si la réponse est oui, alors ne vous attardez pas plus sur votre envie de persévérer dans ce domaine, puisqu’a fortiori, vous vous épanouissez dans ce que vous faites actuellement. Les questions qu’il va alors falloir se poser relèveront plutôt de la nature de votre méthode de travail, ainsi que l’approche à adopter face à certaines matières.

Prendre du recul sur la méthode de travail

On passe quasiment tous par là : Il faut trouver la méthode de travail qui nous convient le mieux. J’énumère en ce sens des dizaines de conseils et astuces afin de trouver sa propre méthode de travail, et comment réviser selon notre personnalité dans mon livre Réussir ses études de droit – Le guide de l’étudiant (disponible en version papier et numérique).

 

Il est possible de sombrer dans le cercle vicieux des fiches, et, au lieu de ficher, on retranscrit l’ensemble du cours sur des feuilles vierges ; ou bien on se dit qu’il faut surligner uniquement les termes importants du cours, et on se retrouve à surligner l’ensemble du cours…

Certaines méthodes peuvent s’avérer être de véritables pertes de temps, et au final devenir des méthodes contre-productives, puisque non seulement on n’apprend rien mais en plus on perd du temps à faire quelque chose d’inutile.

 

Recentrez-vous sur vous-même, partez à la recherche de la méthode de travail qui vous fera réviser un maximum de pages en un temps record ! 

Revoir la méthodologie

Cette histoire de méthodologie peut avoir l’air d’un rien comme ça, mais elle peut réellement plomber notre moyenne générale si elle n’est pas maîtrisée correctement.

 

Normalement, chaque début de semestre est marqué par le sceau de la discussion au sujet de la méthodologie juridique vue à travers les yeux de l’enseignant (chaque enseignant voit midi à sa porte et peut modifier certaines étapes de la méthodologie, mais ce ne sont que des précisions formelles, il ne faut pas paniquer).

 

Si vous savez que le fond de votre copie n’est pas faux, mais que la forme (autrement dit la méthodologie de l’exercice juridique en question) n’est pas bonne, il va falloir se pencher sur les attentes de l’enseignant. Chaque enseignant a plus ou moins d’exigences en ce qui concerne la méthodologie, prenez-la bien en note lorsque l’enseignant ou le chargé de TD vous la retranscrira.

Si vous avez un moindre doute, n’hésitez surtout pas à poser des questions au corps enseignant : il vaut mieux poser trop de questions que de faire des bêtises dans sa copie qui coûterait des points.

 

La méthodologie n’étant qu’un élément formel accessible à tous de par sa compréhension, je me suis attelée à vouloir aider autant que faire se peut les étudiants en écrivant le livre Devenir un as de la méthodologie juridique (en version papier et numérique), qui regroupe 8 exercices juridiques différents (dissertation, fiche d’arrêt, commentaire d’arrêt, commentaire d’article, commentaire d’arrêts ou d’articles comparés, cas pratique, note de synthèse et dissertation pour l’épreuve de Culture générale).  

Prendre du recul sur une matière

Ce point pourra très facilement se conjuguer avec les deux précédents. En effet, lorsque l’on ne cerne pas réellement les enjeux et problématiques qui surplombent un domaine juridique, il est difficile de se l’approprier et de pouvoir rédiger une copie équilibrée.

 

Si une matière a posé un souci dans l’obtention du semestre ou de l’année universitaire entière, penchez-vous sur cette matière, recherchez l’idée et la logique juridique qui s’en dégage. La compréhension est la clé de la réussite ! Le par cœur n’est qu’un détail.

Lisez des livres sur la question, regardez des vidéos explicatives également… Peut-être que le cours donné par l’enseignant ne vous convient tout simplement pas, et n’amène pas la manière d’une façon aussi dynamique qu’il aurait fallu.  

Approfondir certaines notions

Repasser certaines matières, un semestre ou une année entière peut être totalement bénéfique pour notre culture personnelle et juridique.

Travailler à nouveau les matières, et donc les notions que vous n’avez pas pu vous approprier au cours de l’année, n’en sera que plus bénéfique au regard de la compréhension et de la mémorisation du cours ! Il vaut mieux redoubler pour pouvoir ensuite bénéficier de bases plus solides, que de passer au niveau supérieur sans maîtriser les fondamentaux.

Ainsi, baladez-vous dans les bibliothèques universitaires ou bien sur Internet afin de trouver les réponses à vos questions, ainsi que les clés qui débloqueront les rouages afin que la nouvelle année se déroule avec succès !

Est-ce que la nature de l’année redoublée joue dans la balance ?

En réalité, cela dépend essentiellement du Directeur de Master (parce que, qu’on se le dise, cette question se pose surtout au regard des sélections en Master, un redoublement ne sera normalement pas pris en compte lors d’entretiens professionnels).

 

Pour éclaircir un point, on peut tout d’abord dire que la première année est généralement l’année de la découverte d’un monde nouveau pour les étudiants, et donc l’année où le taux d’échec universitaire se fait largement ressentir. Redoubler sa première année n’aura donc normalement pas grande incidence sur votre dossier, d’autant plus si elle est justifiée dans la lettre de motivation ou lors de l’entretien oral avec le recruteur par exemple.

 

En revanche, depuis la réforme sur les sélections en Master applicable depuis l’année universitaire 2019/2020, les recruteurs sont plus sévères quant aux potentiels redoublements en troisième année, puisque la sélection en Master s’opère à la fin de la licence.

 

Néanmoins, cela ne doit surtout pas vous décourager. Si vous redoublez votre première année et que vous avez une mention lors chacune année universitaire suivante, aucun problème ne se posera en travers de votre chemin vers la sélection en Master ! 

 

On ne le répètera jamais assez : L’essentiel, ce n’est pas d’écouter ce que disent les autres, mais de croire en soi et de mettre toutes les chances de son côté !

Votre expérience

Et vous ? Votre cursus universitaire a également été marquée par son originalité dans son cheminement ? Racontez-nous, votre expérience est précieuse ! 

COMMENT FINANCER SES ÉTUDES ?

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Vous avez envie de continuer vos études dans le supérieur ? Vous ne savez pas comment les financer ? On a des solutions !

QUEL ORDINATEUR ACHETER POUR LA FAC DE DROIT ET COMMENT LE FINANCER ?

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Vous entrez en fac de droit et vous souhaitez acheter un ordinateur portable, mais vous ne savez pas quel modèle choisir ? Cet article est fait pour vous !

La clause Molière et la commande publique : une controverse juridique ?

La clause Molière et la commande publique : une controverse juridique ?

 


 

LA CLAUSE MOLIÈRE ET LA COMMANDE PUBLIQUE : UNE CONTROVERSE JURIDIQUE ?

 

– Par BAZIZ Sabri

 

« L’ hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus ». Molière : Dom Juan (1665).

Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière, est un symbole incontournable de la culture littéraire française. Le nom Molière n’est pas non plus indifférent à la culture juridique, et plus particulièrement au droit de la commande publique. C’est en effet le nom d’usage conféré à une clause présente dans un contrat de la commande publique en vue d’imposer l’usage du Français. La Clause Molière est née en 2016 dans la commune d’Angoulême, en région Nouvelle-Aquitaine. Vincent You, élu adjoint au maire en 2014 chargé des finances, des politiques publiques et des fonds européens d’Angoulême, décide d’imposer le français sur le chantier d’une maison de retraite. En application de cette clause, tous les ouvriers présents sur le chantier doivent s’assurer d’une maîtrise du français, permettant selon l’élu de s’assurer de leur sécurité. En effet, l’adjoint au maire affirmait que « pendant les travaux […] il n’y avait que des Polonais et des Roumains sur un chantier pourtant géré à 95 % par des entreprises locales. Les ouvriers ne se comprenaient pas, ce qui posait, et pose, un vrai problème de sécurité ». Par la suite, la clause Molière fut employée à plusieurs reprises par différentes collectivités territoriales. On ne peut manquer de citer le règlement voté par le Conseil départemental de l’Aisne, imposant l’usage du français et établissant une pénalité de 500 euros par jour et par ouvrier en cas d’irrespect. Si la sécurité des ouvriers est souvent l’argument employé pour justifier l’usage de la langue française, force est de constater que la clause Molière fait l’objet depuis 2016 d’un contentieux juridique remarquable. Cette note permettra de comprendre l’état du droit positif sur l’utilisation de la clause Molière en droit de la commande publique.

De la sécurité sur les chantiers à la préférence locale, il n’y a qu’un pas !

Le principal argument pour justifier l’utilisation d’une clause Molière dans un contrat public est d’assurer la sécurité des travailleurs, et favoriser de ce fait une compréhension parfaite des directives de la direction technique des travaux. On ne peut manquer de citer le point 6.5.4 « Obligations du titulaire relatives à l’usage du français sur le chantier » du CCAP1 du marché de travaux pour la réhabilitation de l’EHPAD Le Pigeonnier, passé par le centre Hospitalier de Confolens. En effet, il y est affirmé, pour justifier l’utilisation d’une telle clause, qu’afin de « garantir la sécurité des travailleurs et visiteurs sur le chantier, ainsi qu’une parfaite compréhension des directives de la direction technique des travaux, l’ensemble des ouvriers présents sur le chantier devra comprendre et s’exprimer en français. En cas d’impossibilité, le titulaire sera tenu, après information préalable du coordonnateur SPS et du maître d’œuvre, de veiller à l’intervention d’un interprète agréé auprès des tribunaux dans les langues concernées, afin de satisfaire à l’obligation mentionnée au précédent alinéa ». Cependant, l’intention recherchée est-elle véritablement aussi louable ? En réalité, il faut reconnaître que l’usage d’une clause imposant l’usage du français dans les travaux publics peut être justifié pour lutter contre le travail détaché. Le travail détaché permet à une personne, travaillant dans un Etat membre de l’Union européenne, de se détacher pour travailler dans un autre Etat membre. Ce dernier dispose d’un statut défini par la directive européenne du 16 décembre 1996. Ainsi, le recours à la clause Molière dans un contrat de la commande publique reviendrait à empêcher un travailleur non-francophone de s’établir en France pour y travailler. C’est ce que le tribunal administratif de Lyon a constaté dans un arrêt rendu le 13 décembre 20172 , en affirmant « qu’aucun élément » n’est de nature « à établir que ces mesures, qui sont généralisées à l’ensemble des marchés de travaux de la région et concernant tous les salariés, contribueraient à l’amélioration de la sécurité des salariés ou même à la lutte contre le travail détaché illégal ».

Force est de reconnaître que la lutte contre le travail détaché reflète une volonté d’affirmer une préférence locale. Si pour déterminer l’offre économiquement la plus avantageuse (art L2152-7 du code de la commande publique), le pouvoir adjudicateur peut tenir compte d’une multitude de critères, celui-ci est tout de même tenu de respecter le principe d’égalité de traitement des candidats, de libertés d’accès et de transparence des procédures, en application de l’article L3 du code de la commande publique. Cependant, le pouvoir adjudicateur ne peut valablement imposer un critère de proximité géographique pour favoriser les entreprises locales. En ce sens, La Cour de Justice a affirmé qu’un critère portant sur la proximité géographique ne peut dans un marché être retenu car il serait contraire aux principes de libre accès à la commande publique et à la non-discrimination3. Le Conseil d’État a retenu par sa jurisprudence une approche similaire4. De la même façon le Conseil constitutionnel, dans une décision n°2003-473 DC5, a affirmé qu’un tel critère est discriminatoire et contrevient de ce fait aux principes de la commande publique.

La clause Molière n’est pas une clause d’interprétariat !

En décembre 2017, Le Parisien publiait un article intitulé « le Conseil d’État a validé la clause Molière ». Néanmoins, il convient de rester prudent face à une telle affirmation et d’analyser minutieusement l’arrêt rendu le 4 décembre 20176 par le Conseil d’État pour comprendre qu’en réalité, le juge a validé non pas l’utilisation d’une clause imposant le français mais une clause d’interprétariat. Les juges du Palais-Royal ont en effet affirmé que « pour permettre au maître d’ouvrage d’exercer son obligation de prévention et de vigilance en matière d’application de la législation du travail […] l’intervention d’un interprète qualifié peut être demandée, aux frais du titulaire du marché, afin que la personne publique responsable puisse assurer que les personnels présents sur le chantier et ne maîtrisant pas suffisamment la langue française, quelle que soit leur nationalité, comprennent effectivement le socle minimal de normes sociales ». Une telle clause dans les documents contractuels n’est donc pas identique à une clause imposant l’usage du français, comme celle que l’on retrouve dans la CCAP7 du marché de travaux pour la réhabilitation de l’EHPAD Le Pigeonnier. Le Conseil d’État, par cette distinction, est venu affirmer le caractère licite d’une clause imposant un interprète dans les chantiers, sans toutefois revenir sur sa jurisprudence traditionnelle en reconnaissant le caractère licite d’une clause Molière. Par la suite, le juge administratif n’a eu de cesse de rappeler le caractère licite d’une clause d’interprétariat. On ne peut manquer de citer en exemple l’ordonnance rendue le 7 juillet 2017 par le tribunal administratif de Nantes, par laquelle le juge affirme que le moyen tiré de ce qu’une clause d’interprétariat méconnaisse « les principes de liberté d’accès à la commande publique et d’égalité de traitement des candidats doit être écarté »8. En application de la jurisprudence administrative, la clause doit être justifiée par l’objectif de protection sociale, mais aussi de sécurité des travailleurs. De plus, cette obligation contractuelle ne doit pas entraîner de contraintes ni de coûts excessifs.

Le caractère illicite d’une clause imposant l’usage du français est donc admis par la jurisprudence. En ce sens, dans une instruction interministérielle du 27 avril 20179 relative aux délibérations et actes des collectivités territoriales imposant l’usage du français dans les conditions d’exécution des marchés, il y est mentionné qu’au « regard des règles applicables à la commande publique, imposer de façon systématique la maîtrise de la langue française pour l’exécution d’un marché public ou d’un contrat de concession constitue une violation du principe de non- discrimination qui gouverne la passation desdits contrats, qu’une telle obligation figure dans une délibération ou dans les clauses contractuelles». L’instruction poursuit en indiquant aux représentants de l’Etat que ces clauses sont illégales et qu’ils doivent de ce fait les traiter « comme telles, qu’il s’agisse de délibérations prévoyant de tels dispositifs ou de marchés publics ou de contrats de concession contenant ces clauses ». Les deux clauses ne sont donc pas identiques, mais sont-elles vraiment aussi différentes dans leur finalité ? En effet, force est d’admettre que recourir à un interprète dans un chantier représente un certain coût financier pouvant désavantager les entreprises employant des travailleurs détachés et bénéficiant réciproquement aux entreprises locales.

L’arrêt Veolia : un rebondissement jurisprudentiel ?

L’arrêt Veolia, rendu le 8 février 201910 par le Conseil d’État, démontre que la question de la validité d’une clause imposant l’usage du français dans un contrat de la commande publique suscite encore quelques problématiques. En l’espèce, le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) a décidé de créer une société d’économie mixte à opération unique (SEMOP) pour assurer l’exploitation de l’usine d’épuration Seine Amont. De ce fait, le SIAAP a lancé une procédure d’appel d’offres pour sélectionner l’actionnaire opérateur. Le marché a finalement été attribué à la société Veolia Eau – Compagnie générale des eaux. Pour obtenir la suspension du marché, le préfet de Paris soutenait que « les documents de la consultation comportaient des dispositions imposant l’usage du français portant atteinte aux principes du droit de l’Union européenne de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et d’interdiction de discrimination en raison de la nationalité ». Les documents de la consultation prévoyaient en ce sens que « la langue de travail pour les opérations préalables à l’attribution du marché et pour son exécution est le français ». La cour administrative d’appel de Paris a suspendu l’exécution du marché au motif que l’article 8.5 du règlement de la consultation, imposant exclusivement le français pour les opérations préalables à l’attribution du marché et pour son exécution, est de nature « à créer un doute sérieux sur la validité du contrat ».

Le Conseil d’État n’a pas suivi le raisonnement de la cour administrative d’appel. En effet, les juges du Palais-Royal ont constaté que les dispositions litigieuses contenues dans les documents contractuels « régissent seulement les relations entre les parties au contrat et n’imposent pas le principe de l’usage de la langue française par le personnel de l’usine d’épuration Seine Amont ». De plus, par une analyse des pièces du dossier, le Conseil d’État constate que le cahier des clauses administratives particulières du marché prévoyait explicitement la possibilité de recourir aux « services d’un sous-traitant étranger » et de recourir à des salariés de nationalité étrangère. De ce fait, les documents contractuels n’imposent pas directement ou indirectement l’usage du français pour les travailleurs dans le chantier. Ainsi, le Conseil d’État juge que la cour administrative d’appel de Paris a dénaturé les pièces du dossier en estimant qu’il existait un doute sérieux sur la validité du contrat. En vertu de la jurisprudence Veolia, une clause qui impose une langue exclusive pour les opérations préalables et pour l’exécution du marché n’est pas manifestement illégale. Finalement pour le Conseil d’État, il ne s’agit que d’imposer l’usage du français entre les parties au contrat et non par les personnes de l’entreprise attributaire. Cette clause n’interdit donc pas à elle-même de recourir à une entreprise étrangère. La clause présente dans ce marché public diffère donc de la clause Molière. Il faut donc rester prudent avant d’affirmer que le juge administratif a validé l’usage d’une clause Molière dans un contrat public, même si la position récente tenue par le Conseil d’État est moins univoque que celle tenue par le gouvernement dans l’instruction interministérielle du 27 avril 2017.

Ainsi, la clause Molière est au coeur d’un contentieux juridique important. Celle-ci est régulièrement présentée pour ce qu’elle n’est pas. En ce sens, il convient de garder à l’esprit la distinction fondamentale entre la clause d’interprétariat et la clause Molière. Il est certain que la question de la validité d’une clause imposant le français au sein dans un contrat de la commande publique ne manquera pas prochainement de retenir l’attention de la juridiction administrative. Cette problématique, permettant d’illustrer toute la beauté du droit de la commande publique, est à la jonction entre le droit pénal et le droit de l’Union européenne. En dehors des considérations de sécurité, force est d’admettre que le choix de recourir à une clause Molière dans un contrat de la commande publique est évidemment un choix politique. Le droit ne peut se passer de la politique, la politique ne peut se passer du droit.

 

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1. Cahier des clauses administratives particulières.

2. TA Lyon, 13 décembre 2017, n°1704697

3. CJCE, 27 octobre 2005, Commission c/ Espagne, Aff. C-158/03

4. CE, 29 juillet 1994, n°131562, Commune de Ventenac-en-minervois

5. CC, n°2003-473 DC, 26 juin 2003, Loi habilitant le Gouvernement à simplifier le droit

6. CE 4 déc. 2017, n° 413366, Ministre de l’intérieur c/ Région Pays de la Loire

7. Cahier des clauses administratives particulières

8. TA Nantes, ord. 7 juillet 2017, n°1704447

9. Instruction interministérielle du 27 avril 2017 relative aux délibérations et actes des collectivités territoriales. imposant l’usage du français dans les conditions d’exécution des marchés

10. CE 8 févr. 2019, n° 402096, Sté Véolia Eau et SIAAP

Quelles fournitures prévoir pour la fac de droit ?

Quelles fournitures prévoir pour la fac de droit ?

La rentrée approche à grands pas ! Voici une liste non-exhaustive des must have en droit !

Quelles études pour faire du droit ?

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Vous avez certainement entendu la phrase selon laquelle il est nécessaire d’avoir un bac scientifique pour réussir des études supérieures ? Vous aussi, ça vous agace ? Cet article vient exploser les clichés !

Comment choisir son Université ?

Comment choisir son Université ?

 


 

COMMENT CHOISIR SON UNIVERSITÉ ?

 

Pour s’inscrire dans une fac de droit… Il faut déjà l’avoir trouvée !

 

D’un côté, on peut être du genre à ne pas être trop regardant sur l’Université dans laquelle on souhaite aller. On peut prendre la plus proche de chez nous, sans se poser de question existentielle.

D’un autre côté, il est possible que l’on soit plutôt la personne susceptible de passer des semaines entières à essayer de répondre à un dilemme : Est-ce que je vais dans une grande faculté, ou est-ce que je peux rester dans une faculté proche de ma campagne sans que ça ne puisse nuire à mon dossier universitaire ?

 

En fonction des considérations personnelles, il est vrai que certaines Universités peuvent être avancées comme proposant de “bons enseignements” (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris 2 Panthéon-Assas, Lyon 3 Jean Moulin, Paris Descartes, Montpellier, Aix-Marseille, Bordeaux, etc.). Dit plus simplement : il s’agit des facs implantées dans les grandes villes. À croire que les petites villes ne savent pas dispenser des cours et transmettre un savoir…

En partant de ce postulat, un employeur ou un membre du jury dans une épreuve de concours peut très bien raisonner ainsi, faisant que votre cursus universitaire sera plus un poids à porter plutôt qu’un atout dans votre CV.

Mais rassurez-vous, tout le monde n’a pas la même opinion des “facs de province” (je déteste ce terme qui rappelle l’époque féodale) !

 

Pour l’avoir vécu, je pense sincèrement que si l’on n’arrive pas à faire un choix et qu’une faculté de proximité nous est plus accessible, s’inscrire dans une faculté d’une petite ville semble être la meilleure solution. Pourquoi ?

Le choix numérique

  Dans les “grandes facultés”

L’élément majeur est que dans les grandes Universités, les amphithéâtres sont bondés d’étudiants, qui, n’ayant plus de siège pour s’asseoir, doivent prendre les cours assis par terre dans les couloirs. Certes, l’élément numérique peut être un argument quelque peu anxiogène.

Au-delà, au regard du nombre d’étudiants présent sur un grand campus, la proximité avec le corps enseignant ne sera pas la même. Lors des cours magistraux, vous serez peut-être 1.000 étudiants à assister au cours, laissant que peu de place à la prise de parole pour poser une question à l’enseignant. De même, si vous souhaitez aller poser une question au prof’ à la fin du cours… Que nenni ! Des files d’attentes d’étudiants peuvent facilement se former devant la chaire de l’enseignant… Idem lors des travaux dirigés, les chargés de TD verront défiler des centaines d’étudiants au cours de la semaine, on peut donc comprendre qu’ils ne retiennent pas forcément l’ensemble des têtes qui passent devant eux, faisant que vous n’aurez peut-être pas la note d’oral escomptée…

Alors attention, le portrait des grandes facultés que je viens de dresser ci-dessus peut paraître totalement péjoratif, mais il ne l’est pas forcément ! Sont surtout ici recensés les points majeurs à connaître avant de s’inscrire dans une quelconque faculté. Chaque personne dispose de sa propre vision de vie, et des études ! 

En dehors des points abordés ci-dessus, commencer son cursus universitaire dans une grande fac vous permettra de vous mettre dans le bain dès le début, vous serez par exemple habitué au rythme de travail qui peut être légèrement plus soutenu que dans de petites facs, ou encore à une autonomie un peu plus poussée.

 

    Dans les “facs de province”

Dans les facs de petites villes, la question du nombre d’étudiants ne se pose pas. Tout au plus, vous serez 200 en première année de licence (ce nombre allant décroissant de jour en jour).

Niveau proximité avec le corps enseignant, on peut difficilement mieux faire ! Les cours magistraux étant dispensés à de petits groupes d’étudiants, il est facilement possible de poser des questions au professeur pendant le cours et/ou de poser des questions en fin de cours. Il en va de même pour les TD, où les chargés assureront de réels cours particuliers.

Au vu de cette fameuse proximité, je pense sincèrement que passer sa première année de droit, voire également la deuxième, est un atout considérable pour le dossier étudiant. 

Mais alors pourquoi, vu que ce ne sont “que des facs de province” ? Tout simplement parce que les enseignements de base, essentiels à la réussite de l’ensemble de vos années d’études, vous paraîtront peut-être plus limpides et abordables dans leur compréhension. Les introductions générales à différentes branches du droit ainsi que la méthodologie juridique seront certainement abordés sous différents angles, puisque la parole de l’étudiant entrera en compte lors de (presque) toutes les heures de cours. Dès lors, à travers différentes questions, l’ensemble de la promo’ abordera un œil différent vis-à-vis d’un sujet particulier.

En quoi cela aura-t-il un impact sur le dossier universitaire ? Tout simplement parce que, après avoir acquis des bases juridiques et méthodologiques solides, l’étudiant aura toujours à portée de mains les outils essentiels à la réussite d’un examen.

Rien ne vous empêche d’intégrer une “grande faculté” après la première et/ou deuxième année de licence ! Les amphithéâtres seront moins remplis et l’intégration d’une telle université vous facilitera peut-être l’entrée en Master après sélections.

Ainsi, vous aurez eu la chance d’être en petit comité lors de vos premiers semestres d’études supérieures, pour finir par exemple la licence dans une université plus “connue” au niveau national. Combo !

Le meilleur plan, est, je pense, de privilégier les antennes des facultés ! 

Le choix géographique

Lorsque l’on a passé des années entières dans la même ville et que l’on n’a pas envie de changement, il est parfois difficile de faire le choix de partir dans une autre ville, parfois plus grande que l’actuelle, pour faire ses études. D’autant plus quand on n’a pas envie de quitter ses proches tout de suite, ou si l’on a des responsabilités à assumer sur place.

Si vous êtes dans cet état d’esprit, je ne peux que vous conseiller de regarder les facultés les plus proches de chez vous, qui pourront par ailleurs se trouver être des facultés antennes. 

Au contraire, si vous souhaitez partir à la rencontre de nouvelles grandes villes, les années d’études seront l’occasion de changer de paysage !

Le choix géographique va souvent coïncider avec un autre choix : le choix économique.

Le choix économique

Trouver une Université proche du lieu où l’on vit déjà évitera non seulement un déménagement, mais aussi de payer un loyer (parfois plus élevé).

Si par exemple vous habitez dans un petit village, chez vos parents, dans une campagne qui ne connaît pas encore la fibre, même si vous contribuez aux courses ou au paiement des diverses factures de la maison, il sera difficile de rivaliser avec le prix des logements parisiens !

Choisir son Université devra donc être en adéquation avec le budget que vous souhaitez y consacrer, surtout lorsque l’on sait que l’on doit dépenser environ 7.000€ pour une année universitaire… ! Une fois encore, les facultés antennes se trouvant dans des petites villes, le coût de la vie sera moins élevé que dans les grandes villes. 

Pensez à vérifier si vous êtes éligibles aux bourses et/ou si vous avez accès aux logements étudiant cela pourra vous aider à financer vos années d’études !

Votre expérience

Et vous, quel a été l’élément déterminant dans votre choix de faculté ? Dites le nous en commentaire !